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Mobiliser les parties prenantes pour ne pas subir la politique de transparence salariale

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Transparence salariale 2026

Faites de la transparence salariale votre culture d'entreprise

Depuis 2010, Arago accompagne les entreprises européennes dans la transformation de leurs pratiques RH et financières. À l’approche de l’échéance de 2026, la transparence salariale devient un enjeu majeur pour toutes les organisations. La nouvelle loi européenne crée autant d’obligations que d’opportunités : c’est l’occasion de structurer durablement sa politique de rémunération, de renforcer la confiance interne et de valoriser sa marque employeur.

Cet article reprend les enseignements clés du webinar animé par Julien Craeynest et Xavier Meulemans, experts en politique salariale et spécialiste de la transparence salariale. Ils vous guident dans la compréhension des obligations, l’anticipation des risques et surtout la mobilisation des parties prenantes pour réussir cette transition culturelle.

Comprendre l’esprit de la loi sur la transparence salariale

La directive européenne impose dès 2026 un nouveau cadre autour du salaire et de la transparence. Contrairement à certaines idées reçues, la loi ne demande pas de rendre publics tous les salaires ni d’aligner mécaniquement les rémunérations. Elle vise plutôt à renforcer l’équité, à réduire les écarts injustifiés et à donner aux salariés un meilleur accès à l’information.

Les obligations qui s’imposent aux entreprises incluent notamment :

  • la capacité à fournir la moyenne des salaires par catégorie de poste,
  • l’interdiction de demander l’historique de rémunération lors d’un recrutement,
  • la mise à disposition de critères objectifs encadrant la politique salariale,
  • une transparence accrue dans les processus de décision liés à la rémunération.

L’enjeu n’est donc pas seulement réglementaire. Il s’agit d’un véritable changement culturel qui impacte les équipes RH, les managers, les IRP, les directions et l’ensemble des collaborateurs.

Faire un état des lieux : la première étape indispensable

Avant toute action, il est essentiel d’évaluer la situation actuelle. Arago propose une approche méthodique en quatre étapes :

  1. L’audit : comprendre les pratiques existantes, les écarts, les outils en place et les spécificités locales.
  2. La cartographie : identifier les populations clés, les niveaux de maturité et les zones à risque.
  3. L’analyse des processus : examiner la manière dont les décisions de salaire sont réellement prises au quotidien.
  4. Les entretiens : recueillir les perceptions, les freins, les usages informels et les attentes des parties prenantes.

Ces étapes permettent de déterminer si l’organisation part d’une base solide ou si elle doit construire presque entièrement sa politique de transparence salariale.

Mobiliser les parties prenantes : un enjeu central

La réussite du projet ne repose pas uniquement sur la conformité. La transparence salariale implique une mobilisation collective. Pour cela, il est essentiel d’identifier les parties prenantes et de comprendre leurs attentes :

  • Les directions générales, pour sécuriser l’adhésion stratégique et les moyens.
  • Les IRP, pour favoriser un dialogue social constructif.
  • Les managers, souvent en première ligne face aux questions sur le salaire.
  • Les équipes RH, garantes de la cohérence, de la conformité et du pilotage.

L’une des approches recommandées consiste à développer des personas internes afin d’adapter le discours et les supports de communication à chaque population. Les préoccupations d’un jeune embauché ne sont pas celles d’un salarié senior ou d’un manager responsable d’une équipe de vingt personnes.

Installer un sentiment d’urgence pour anticiper 2026

À moins de six mois de l’entrée en vigueur de la loi, il devient essentiel de créer un sentiment d’urgence. Sans cela, les équipes risquent de reléguer le sujet au second plan face aux priorités opérationnelles. Le rôle d’Arago consiste alors à structurer un plan d’action clair et partagé, permettant à chacun de comprendre son rôle et de se mettre en mouvement.

Communiquer dès maintenant les impacts de la loi est indispensable pour éviter d’être pris au dépourvu lorsque les demandes d’information des salariés afflueront. Les organisations doivent s’attendre à des volumes importants de sollicitations, parfois simultanées, qui devront être traitées dans les délais imposés.

Former les équipes RH, les managers et les recruteurs

La transparence salariale repose en grande partie sur la capacité des équipes à communiquer correctement. Plusieurs axes de formation sont recommandés :

Former les équipes RH

Elles doivent maîtriser :

  • les obligations légales,
  • la gestion des données sensibles,
  • les règles de conformité (notamment liées au RGPD),
  • les impacts organisationnels de la loi.

Former les managers

Ils doivent apprendre à :

  • répondre aux questions sur le salaire sans crainte,
  • expliquer les critères de rémunération,
  • mener des conversations parfois sensibles,
  • accompagner les collaborateurs dans la compréhension des règles.

Former les recruteurs

Ils seront directement concernés par :

  • l’interdiction de demander l’historique salarial,
  • la communication des fourchettes de salaire,
  • la cohérence entre la marque employeur et les pratiques réelles.

Gérer les obstacles et inscrire le changement dans la durée

La mise en œuvre de la transparence salariale peut susciter des résistances. Elles sont souvent liées à la peur de perdre du contrôle ou à la difficulté à gérer des situations héritées du passé. Pour y répondre, Arago recommande :

  • d’identifier les risques via un pré-mortem,
  • de prioriser les actions selon leur impact,
  • de tester certaines approches sur des groupes pilotes,
  • de mettre en place des retours d’expérience réguliers,
  • de formaliser les bonnes pratiques et les intégrer dans tous les processus RH.

La transparence salariale n’est pas un projet ponctuel. C’est une trajectoire long terme, qui doit s’inscrire dans les rituels, la communication interne, la gestion de la performance et le pilotage de la masse salariale.

La transparence salariale comme avantage compétitif

Loin d’être une contrainte, la transparence salariale peut devenir un véritable levier de performance. Elle renforce l’équité interne, améliore l’expérience collaborateur et participe à une marque employeur plus crédible et plus attractive.

Les organisations qui anticipent dès aujourd’hui seront mieux armées pour réduire leurs risques, fidéliser leurs talents et se différencier durablement.

Arago accompagne les entreprises à chaque étape de cette transformation, en alignant stratégie, outils et conduite du changement pour faire de la transparence salariale un moteur d’évolution positive.

Vous souhaitez en savoir plus ?

Prenez rendez-vous avec nos experts afin d'échanger autour de votre politique de transparence salariale, selon votre contexte !

Découvrez aussi le reste de notre websérie au sujet de la transparence salariale.

L'essentiel à retenir

Découvrez les points essentiels à retenir dans cette vidéo (english content).

A propos de nos experts

Julien Craeynest est consultant RH chez Arago, spécialiste des problématiques SIRH et Comp & Ben. Son expertise technique et organisationnelle lui permet d’accompagner les entreprises dans la mise en conformité et l’optimisation de leurs pratiques de rémunération.

Julien Craeynest

Xavier Meulemans est consultant indépendant, ancien directeur Comp & Ben et SIRH dans des groupes internationaux. Sa connaissance approfondie des enjeux stratégiques et opérationnels liés à la transparence salariale lui permet d’en décrypter les impacts concrets sur les politiques RH et le dialogue social.

Xavier Meulemans

FAQ

La directive s’applique-t-elle uniquement au secteur privé ?

Non, elle concerne aussi bien le secteur privé que le secteur public dans les 27 pays de l’Union européenne.

L’ancienneté est-elle considérée comme un critère objectif ?

Oui, l’ancienneté est reconnue comme un critère objectif dans l’analyse des écarts de rémunération.

Que faire si chaque poste est unique dans une PME ?

Même dans les petites structures, il est possible de regrouper des postes de même valeur selon des critères objectifs comme le niveau de diplôme, l’expertise ou la responsabilité, indépendamment des intitulés de poste.

La convention collective suffit-elle pour justifier les écarts ?

Non. La directive demande un système de pesée analytique des postes propre à l’entreprise, en complément de la convention collective.

Quels sont les risques en cas de non-conformité ?

Les risques incluent des contentieux individuels ou collectifs, des sanctions financières, une perte de confiance des salariés et des difficultés à recruter ou retenir les talents.

La directive impose-t-elle des augmentations collectives ?

Pas nécessairement. Elle impose une transparence et une justification des écarts. Les entreprises peuvent choisir entre des augmentations ciblées ou générales selon leur diagnostic interne.

Si nous apportons dans un premier temps l'analyse est ce qu'en cas de contrôle cela peut nous aider à apporter la preuve de notre démarche ?

Effectuer une analyse des rémunérations et des écarts sera un passage obligé. C’est nécessaire mais néanmoins pas suffisant : la société devra également être en conformité avec les autres obligations inhérentes la directive (devoir d’information, etc…)

est-ce que la présence dans le poste depuis des années et être bénéficiaire des NAO donne le droit à un salaire plus élevé par rapport à une nouvelle embauche sur un poste similaire?

Oui, l’ancienneté est un critère objectif.

Si nous avons plusieurs types de directeur (DSI, DRH, Directeur financier, Directeur Com...), reste-t-qur la même valeur des postes ?

C’est là que se situe l’intèrêt d’une méthodologie de pesée de postes : elle permet de dépasser les titres de postes pour se concentrer sur l’impact de ces postes sur l’organisation, au moyens de critères objectifs pondérés. Il serait incorrect au regard de la directive de considérer que deux postes sont de valeur égale car ayant tous deux le titre de directeur.

Pour certains postes, la tension sur le marché du travail conduit à une revalorisation salariale. Comment intégrer cette réalité de l’offre et de la demande dans l’analyse des écarts de rémunération ?

Le traitement des fillières de métier en tension par le biais de grilles salariales ad hoc (exemple : grille spécifique pour les postes IT dont le médian est 10% plus élevé que le médian de la grille générale) est une solution possible.

Devra-t-on prendre en compte la rémunération réellement versée ou la rémunération contractuelle (par exemple comment traiter les collaborateurs en arrêt maladie avec des IJ, les collaborateurs à temps partiel, etc)

Très bon point, malheureusement il faudra attendre la transposition en droit national et les décrets d’application, la directive n’étant pas spécifique sur ce point.